Si l'interprète est celui
qui explique, éclaircit le sens, délivre, enfin,
l'accès à la part cachée d'une uvre,
alors ne cherchez plus : Georges Brassens a trouvé son
plus grand interprète. Il s'appelle Yves Uzureau et il
ne chante pas comme les autres, avec ses seules cordes vocales
: chez lui, TOUT chante, et swingue - car il est musicien - et
joue, - car il est comédien. (...) Brassens proposait des
musiques dépouillées (on le lui reprocha parfois),
laissant à d'autres le soin de les habiller à leur
gré : Yves Uzureau le prend au mot, ou, plutôt, à
la note, et signe avec son complice Pierre Debiesme - un véritable
homme-orchestre, ce Pierrot-là - des arrangements époustouflants
d'évidence où blues, jazz, country, rock, samba...
fraternisent magistralement.
Le respect pour l'oeuvre servie le dispute ici à l'originalité
: on n'en sort pas indemne.
Patachou, après avoir écouté Brassens pour
la première fois, dira avoir reçu l'équivalent
d'une gifle La gifle Uzureau est de celles, aussi, qui vous donnent
envie de tendre l'autre joue.